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Trois langues minoritaires, une seule loi

La Calabre est la seule région italienne à protéger par une loi unique trois minorités linguistiques historiques : l'albanais des arbëreshë, le grec de Calabre et l'occitan.

Une loi régionale, trois langues, trois instituts

La loi régionale du 30 octobre 200315, prise en application de la loi d'État 482/1999, reconnaît ensemble les parlers albanais, grec de Calabre et occitan.

Elle crée trois instituts régionaux, un par communauté : à San Demetrio Corone pour les arbëreshë, auprès du collège italo-albanais de Sant'Adriano ; à Bova Marina pour la communauté grecque, avec l'institut d'études helléno-calabraises ; à Guardia Piemontese pour la communauté occitane.

Le texte a été publié au bulletin officiel régional du 31 octobre 2003 et modifié deux fois, en 2006 et en 2008. C'est un dispositif administratif durable, pas une déclaration d'intention.

L'occitan à mille kilomètres de son aire

L'occitan de Guardia Piemontese est la surprise du dispositif pour un lecteur francophone : la langue d'oc, celle du Sud de la France, est reconnue et dotée d'un institut sur la côte tyrrhénienne calabraise.

La communauté descend de populations venues du Piémont vaudois, comme le nom de la commune l'indique. La distance avec l'aire occitane principale est la raison pour laquelle presque personne ne s'attend à trouver cette langue ici.

Le parler grec de Calabre pose la même question à une autre échelle. Ces deux communautés ne sont pas des curiosités folkloriques : ce sont des minorités reconnues par une loi de la République.

Ce que la loi d'État protège, France comprise

La loi 482 du 15 décembre 1999 protège douze minorités linguistiques : albanaise, catalane, germanique, grecque, slovène, croate, française, franco-provençale, frioulane, ladine, occitane et sarde.

Le français et le franco-provençal y figurent, ce qui signifie que l'Italie protège juridiquement des langues que la France elle-même traite autrement sur son propre territoire. Le dispositif italien est régionalisé et il produit des instituts, des enseignements et des budgets.

Cette liste est la clé du sujet. La Calabre n'invente rien : elle applique une loi nationale, mais elle est la seule à le faire pour trois communautés à la fois.

Ce que la loi ne dit pas

La loi régionale ne contient pas la liste des communes arbëreshë : elle renvoie aux périmètres délibérés par les conseils provinciaux, en application du décret présidentiel 345 de 2001.

Le nombre de communes concernées n'est donc pas vérifiable sur ce texte, et nous n'en publions aucun. Les chiffres qui circulent viennent d'autres sources, non contrôlées ici.

De même, l'affirmation « seule région avec trois minorités » est déduite de la comparaison entre la loi nationale et la loi régionale. Elle est solide, elle n'est pas citée telle quelle par une source officielle, et nous la présentons avec cette réserve.

Ce que cela change pour un visiteur francophone

Trois instituts régionaux existent, à San Demetrio Corone, à Bova Marina et à Guardia Piemontese, et ce sont les seuls interlocuteurs officiels de ces communautés.

Ce ne sont pas des musées ni des offices de tourisme : ils font de la documentation, de l'enseignement et de la publication. Une visite se prépare par écrit, elle ne s'improvise pas un dimanche.

Sur le terrain, la langue s'entend surtout dans les villages et dans les usages privés. La signalétique bilingue existe par endroits, mais elle ne garantit pas que vous entendrez parler occitan ou grec de Calabre en traversant la place.

Une région de 404 communes et aucune grande ville

La Calabre compte 1 827 571 résidents au 1er janvier 2026, répartis dans 404 communes, et aucune n'atteint 200 000 habitants.

Reggio de Calabre, la plus grande, en compte 167 925, devant Catanzaro avec 82 708 et Corigliano-Rossano avec 74 403. C'est une région sans métropole, faite de petites communes et de vallées séparées.

Cette structure explique la survie des trois minorités. Des communautés isolées dans des vallées distinctes ont conservé leur langue là où une région urbanisée l'aurait dissoute. Voir la Calabre et Reggio de Calabre.

Sommaire

FAQ

Quelles langues minoritaires sont protégées en Calabre ?

Trois : l'albanais des arbëreshë, le grec de Calabre et l'occitan. La loi régionale du 30 octobre 200315 les reconnaît ensemble, en application de la loi d'État 482/1999, et crée un institut régional pour chacune.

Où parle-t-on occitan en Italie du Sud ?

À Guardia Piemontese, en Calabre, où se trouve l'institut régional dédié à la communauté occitane. C'est la même famille linguistique que l'occitan du sud de la France, à plus de mille kilomètres de son aire principale.

Le français est-il une langue protégée en Italie ?

Oui. La loi d'État 482 du 15 décembre 1999 protège douze minorités, dont le français et le franco-provençal, aux côtés de l'albanais, du catalan, des langues germaniques, du grec, du slovène, du croate, du frioulan, du ladin, de l'occitan et du sarde.

Combien d'habitants compte la Calabre ?

1 827 571 résidents au 1er janvier 2026 selon l'estimation ISTAT, répartis dans 404 communes. Aucune commune n'atteint 200 000 habitants et la plus grande, Reggio de Calabre, en compte 167 925.

Quelles communes sont concernées ?

La loi régionale ne donne pas la liste. Elle renvoie aux périmètres adoptés par les conseils provinciaux, ce qui fait que le nombre de communes arbëreshë de Calabre n'est pas vérifiable sur ce texte, et nous n'en publions aucun.